Tout le reste
La planète élastique
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Zygmunt Bauman, l’inventeur du concept de société liquide, est mort le 9 janvier 2017. Selon lui, la post-modernité se caractérise par le passage d’une société solide, constituée d’un socle stable de règle collectives, à des relations floues, mouvantes, qui tournent autour de l’individu consommateur. Cette théorie qu’il a longuement développée dans plusieurs ouvrages a inspiré d’autres auteurs. Chacun cherche son chat, c’est-à-dire à qualifier le monde dans lequel nous vivons, et ont fleuri des thèmes comme la disruption, l’accélération, la sérendipité : incertaine, notre époque invite à l’élaboration de notions pour (suite…)

Culture Fabrique
Monstres et fantômes – 2016 au cinéma
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Cela n’a pas échappé à grand-monde : les ectoplasmes ont envahi les écrans en 2016. Même Olivier Assayas a troqué les vampires qu’il affectionne pour une histoire de fantômes, sans que la réussite en soit incontestable d’ailleurs (« Personal shopper »).  Les êtres chers et moins chers sont venus nous hanter au cinéma et comme le dit joliment l’une des sœurs spirites de « Planétarium » : un fantôme, ce n’est pas forcément quelqu’un qui vous était cher, c’est quelqu’un pour qui vous étiez cher, sans vous en être rendu compte. Et un fantôme est parfois (suite…)

Culture Fabrique
Le trouble des témoins – Le festival d’automne 2016
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Le spectacle vivant est une affaire de témoins. Nous assistons, en direct, à une aventure en train de se dérouler, pièce, concert, danse, et qui est, par définition, à chaque fois identique, mais différente, comme les rêves de Verlaine. C’est une surprise, puisque ce n’est pas la diffusion d’un produit déjà fabriqué et enregistré. Comme dans un accident, tout est possible. Cependant, au théâtre, nous sommes des témoins volontaires, contrairement à la vie qui, souvent, nous force à être témoins de choses que nous préférerions, parfois, ni voir ni savoir. (suite…)

Tout le reste
Eros, Thanatos & Spinoza
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L’état du monde pèse sur notre moral. Je suis, comme beaucoup je crois, sur les nerfs. Je m’attriste de constater, jour après jour, des évolutions qui me désolent : je sais qu’elles dépriment tous les progressistes. Il y aurait trop d’événements à citer en 2016 : tout le monde les a en tête. Nous qui voulons croire au processus progressif de civilisation, espérons dans un avenir meilleur pour l’humanité, souhaitons un monde plus apaisé où l’émancipation de l’individu serait l’objectif partagé, nous voyons nos voeux balayés par le retour à l’état (suite…)

Transportés
La haine des villes ? Vive la ville !
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Rarement les villes n’ont été aussi fortes, rarement elles n’ont été aussi attaquées : ce qui ressemble à un paradoxe n’est que la traduction d’un phénomène classique. Toute montée en puissance appelle son retour de bâton. La métropolisation inquiète, en même temps qu’elle soulève des enthousiasmes ; l’union des grands maires du monde redonne de la fierté à la politique et au multilatéralisme autant qu’elle ne suscite de sarcasmes ; l’idée que l’action publique n’est pas si impuissante, dans le cadre de pouvoirs locaux forts, engendre de l’espoir, mais agite toux ceux qui (suite…)

Phynances
Intervention sur le budget 2017 de Paris
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Seul le prononcé fait foi Madame la Maire, mes chers collègues, Ce débat budgétaire aurait pu montrer  qu’il y a deux visions de la ville. C’eut été une nouveauté depuis cette mandature : nous, notre stratégie est constante depuis 2014, je l’ai rappelé lors du débat d’orientation budgétaire, mais la droite et le centre droit nous ont habitué à louvoyer, hésiter, changer de pied, débat après débat.  On a eu l’esquive, à savoir l’absence de tout vœu, la tentative maladroite de contre-budget évaporé, les injections contradictoires, qui elles n’ont pas complètement disparu. Là, (suite…)

Culture Fabrique
Musique, maestro !
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Parfois, j’écoute la musique par phases, surtout la musique classique. Je procède par blocs. En ce moment, je suis chez Telemann, avant c’étaient les sonates pour piano de Schubert, la musique religieuse de Vivaldi ou les opéras de Mozart. Et puis, il y a eu tout Beethoven, aussi. Cela me prend du temps, mais je ne change pas pour autant de méthode : je n’ai pas à réfléchir. Allez, on continue avec les concertos pour violon romantiques, on poursuit avec les pièces pour vents baroques, on prolonge avec les symphonies de (suite…)

Le deux.zero
A un cimetière
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Lorsqu’il fait froid et beau, c’est un temps pour le Père-Lachaise, surtout en novembre qui est, comme chacun sait, le mois de la mort. Quand je rentre à pied de chez mes parents, qui habitent dans le 11ème arrondissement vers Saint-Maur, j’aime bien passer par le Père-Lachaise pour revenir rue des Pyrénées, plutôt que remonter l’avenue Gambetta qui ne présente guère d’intérêt de ce côté-là, sauf si on choisit de la longer par le magnifique square de Champlain tout en longueur, avec sa mare sauvage, mais ça grimpe encore plus, (suite…)

Tout le reste
Ils ont osé !
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« Ils n’oseront pas ! » répond Danton à ses amis qui le pressent de réagir aux menaces d’arrestation, qui pèsent sur lui, en ce funeste printemps 1794. Certains lui conseillent de fuir : « emporte-t-on sa patrie à la semelle de ses souliers ? » répond le tribun qui se croit intouchable. Nous connaissons la suite. Il est emporté dans cette terreur révolutionnaire qui déferle. Georg Büchner en en fait une scène saisissante dans « La mort de Danton » que j’ai revue il y a peu, dans la mise en scène de François Orsoni à (suite…)

Transportés
Le goût infini du voyage
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L’incipit de « Tristes tropiques » de Claude Lévi-Strauss est trop fameux pour être ignoré : « Je hais les voyages et les explorateurs ». Notons que l’anthropologue n’a pas écrit : « Je hais les explorations et les voyageurs » qui sonnait moins bien. Même le voyageur dans l’âme est obligé d’y souscrire, au moins partiellement : il y a une dose de morale hypocrite et d’orgueil facile dans la tentation de l’exotisme, un soupçon indéniable de supériorité, une prétendue capacité de découvrir, que l’on ne prête pas toujours aux autres. Au moins le touriste consumériste (suite…)