Culture Fabrique
Avignon 2016 ou l’art de manipuler les masses
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L’édition 2016 du festival d’Avignon fut placée sous le signe démoniaque de la manipulation. Par rapport à l’année précédente, la première de l’ère Olivier Py, la cohérence s’est accrue, et un fil conducteur – bien sûr non systématique, c’est le propre d’une programmation de laisser la part belle à la prolifération – apparaît plus clairement qu’en 2015, en écho sourd avec l’actualité, autour de la montée des extrêmes, de l’emprise du populisme, de la radicalité  religieuse. La violence, la guerre, la politique ont déjà été au cœur d’éditions antérieures, mais (suite…)

Culture Fabrique
Le 4e mur est-il tombé ?
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De plus en plus fréquemment, lorsqu’on entre dans une salle de théâtre, les comédiens sont déjà sur scène, en train de lire, de fumer, de bavarder, comme si on les dérangeait dans leurs activités quotidiennes. Cela créée un effet de réel, une impression d’irruption dans la vie des autres, le sentiment d’interrompre quelque chose en cours.  Ils nous accueillent chez eux, dans leur univers, dans un espace où ils sont déjà là ; ce n’est pas nous, qui, plus ou moins bien installés dans un fauteuil, attendons que le rideau s’ouvre, (suite…)

Tout le reste
Je n’irai pas à Nuit Debout
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Plusieurs de mes connaissances m’invitent ou m’incitent à aller faire un tour à Nuit Debout, place de la République, que désormais j’évite soigneusement, depuis maintenant un peu plus de quinze jours.  Il se passe quelque chose, c’est intéressant, cela traduit une crise politique, c’est un mouvement spontané et sympathique de citoyens, etc.  me disent-ils en chœur. Je ne nie pas la sincérité d’une partie des participants. Cependant, pour couper court à ses sollicitations généreuses, je prends la peine d’écrire que, certains de mes amis ont beau insister, je n’irai pas (suite…)

Phynances
Le sens de la réforme
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Qu’il soit finalement adopté ou non, revu et corrigé ou non, le projet de loi travail porté par Myriam El Khomri incarne presque à la perfection le rapport de la France à l’idée même de réforme, dans sa grandeur et ses petitesses : soutien et opposition a priori, échanges d’arguments confus, invisibilité des enjeux profonds, blocage, approximations dans les deux sens, bref un condensé des difficultés à réformer notre beau pays. Si je partage entièrement les principes qui sous-tendent ce projet de loi (adaptation aux conditions du travail au 21ème siècle, (suite…)

Tout le reste
Nouveau roman national
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Depuis 25 ans, les soubresauts identitaires n’en finissent pas. Une série de crises différentes secoue notre pays comme un prunier, et tous les fruits, toutes les fleurs sont par terre, bientôt les feuilles et les branches vont suivre. Cela est moins poétique que chez Verlaine : ne subsistera qu’un tronc desséché. 1992, le référendum sur l’’Union Economique et Monétaire est adopté de justesse ; 1995, une première vague d’attentats islamistes traverse la France ; heureusement en 1998 notre équipe gagne la coupe du Monde, mais en 2002 Le Pen est (suite…)

Tout le reste
Les sommets du triangle
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Une partie de la gauche va donc passer les prochains mois à s’échiner sur une primaire qui n’aura probablement pas lieu ou alors dans des conditions telles qu’elle ne servira à rien, une autre à pronostiquer la possibilité ou non pour le président sortant de se représenter et à échafauder des hypothèses qui seront démontées les unes à la suite des autres, oubliant, l’une comme l’autre, que l’essentiel se joue ailleurs, à savoir la redéfinition du progressisme au 21ème siècle. Contrairement à ce qui est souvent écrit et à ce (suite…)

Phynances
Le libéralisme est-il soluble dans la gauche, et inversement ?
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Un débat à fleuret moucheté oppose deux ministres du Gouvernement, un échange qui s’est moins vu que d’autres, sur la compatibilité du libéralisme avec les valeurs de gauche. Pour Emmanuel Macron, le libéralisme est de gauche, nouvelle brèche ouverte dans les murailles de la pensée ; pour Matthias Fekl, être de gauche n’est pas être libéral, défense des valeureuses et anciennes barricades dressées par les soulèvements populaires. Ce débat n’est pas neuf, il agite régulièrement la gauche sociale – démocrate, depuis ses origines : c’est que la gauche puise dans plusieurs sources (suite…)

Tout le reste
2016, c’est l’ubérisation finale !
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2015 fut une année épidémique et épidermique. Certains diront tout simplement merdique. Nous entamons cette année avec un lourd bilan : la balance d’entrée, comme disent les comptables, est forcément équilibrée, elle l’est toujours, mais elle est équilibrée avec de lourdes charges de part et d’autre (mettre 1 kilo ou 100 kilos de chaque côté ne change rien à un équilibre, mais pèse plus lourd sur une âme). S’il y a toujours des chocs et des contre-chocs, trop d’oscillations ne font pas de bien au rythme cardiaque des sociétés. Nous (suite…)

Culture Fabrique
Le cinéma retourne au désert
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Que sera le cinéma en 2016 ? En 2015, c’était familles et désert ! Pas le désert de la création ou du nombre de sorties, certes non, mais le désert physique, géographique, réel, qui s’étend dans les consciences plus que sur la surface de la terre, et le désert des cœurs désolés, desséchés, désespérés, qui ont bien du mal à se remplir d’affects, de sentiments et de passions sincères. On a eu chaud au cinéma en 2015, et la soif d’avenir, de confiance, d’espoir n’a pas toujours été étanchée. Le (suite…)

Culture Fabrique
C’est le profane qui est sacré
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Le festival d’automne s’est achevé le 31 décembre, rite étrange qui consiste à retarder légèrement l’hiver sur les scènes de théâtre parisiennes. Evidemment, il est aussi difficile de tout voir que d’y déceler un fil rouge caché dans le tissu de la programmation, qui ne se veut pas thématique. Mais le spectacle vivant entre forcément en résonance avec le monde qui l’entoure, ce qui n’a pas manqué pour cette édition qui questionnait fortement la religiosité et la sacralité dans l’univers contemporain. Où est Dieu ? En avons-nous besoin ? Et (suite…)